Ibuka-M&J et Justice apprécie la proposition de loi MR réprimant le négationnisme du génocide des Tutsi

Communiqué d’Ibuka M&J – 26-02-2018

Ibuka Mémoire&Justice, une association de droit belge et animée par les Rwandais de la diaspora belge vient de publier un communiqué dans lequel elle acclame chaleureusement la proposition de loi introduite au Parlement belge par le parti MR/Mouvement Réformateur. Elle met en garde une certaine opinion avisée contre les activités des négationnistes du génocide des Tutsi qui tentent d’influencer l’opinion publique belge afin qu’elle pèse sur l’éligibilité de cette loi. Ci après le communiqué :

Ibuka Mémoire & Justice de Belgique soutient le projet de loi réprimant la négation du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994

L’Association Ibuka mémoire & justice, qui regroupe les rescapés du génocide des Tutsis rwandais vivant en Belgique, soutient pleinement le projet de loi belge contre la négation, la minimisation, la justification et l’approbation du génocide commis au Rwanda contre les Tutsis en 1994, tel qu’il a été déposé en septembre 2017 par Monsieur Gilles Foret, Député MR à la Chambre des représentants.

Ibuka mémoire & justice rappelle que ce projet de loi intervient 24 années après le génocide des Tutsis, au cours desquelles une série de jugements rendus par les juridictions pénales nationales et internationales, ont établi de façon irréfutable qu’il y a eu un génocide contre les Tutsis. En particulier, le Tribunal Pénal International pour le
Rwanda (TPIR) qui a affirmé que ce crime est un fait de notoriété publique dans son jugement du 16 juin 2006 [ICTR-98-44-AR73(C)].

Dès lors, la vérité juridique sur ce crime, fondée sur une jurisprudence aussi abondante, ne peut faire l’objet d’aucune spéculation ou autre scénario purement hypothétique, dont le seul objectif n’est autre que de nier ou minimiser l’évidence d’un plan arrêté de longue date, mûri et exécuté par le gouvernement composé
d’extrémistes Hutu au printemps 1994.

A cet égard, Ibuka mémoire & justice salue la décision du parlement fédéral belge d’interdire la tenue dans son enceinte, de la conférence du 1er mars 2018, une conférence organisée par les personnes qui ne reconnaissent même pas la réalité de ce génocide, sous prétexte que cette loi entraverait la libre expression et que l’histoire de ce génocide ne serait pas encore totalement établie.

Ibuka mémoire & justice profite de cette occasion pour remercier tous ceux qui de près ou de loin on t contribué à cette action, en tant qu’institution, individus, ou associations. Ibuka mémoire & justice considère que cette conférence constituait une tentative insupportable de réécrire l’histoire du génocide des Tutsis, soit pour remettre en question sa reconnaissance, en le niant ou en tentant de le justifier d’une façon ou d’une autre.

Une telle démarche représente un déni de justice, un manque de respect à la mémoire des victimes ainsi qu’un affront aux rescapés de ce génocide. Sa pénalisation aurait pour objectif d’empêcher toute réhabilitation ou importation en Belgique d’une logique divisionniste et génocidaire, qui pourrait porter atteinte à l’ordre et à la sécurité publique, car elle alimenterait le radicalisme et le rejet de l’autre, avec des conséquences incalculables que l’on connait déjà.

Ibuka mémoire & justice plaide vivement en faveur de l’adoption en Belgique de ce projet de loi, et exhorte les législateurs de toutes les formations politiques à prendre le côté de la justice, des victimes et de l’humanité en adoptant cette loi, comme ils l’ont fait en 1995 pour réprimer la négation du génocide commis contre les juifs par l’Allemagne nazie pendant la deuxième guerre mondiale.

Fait à Bruxelles le 26 février 2018
Par Ibuka Mémoire-Justice Asbl

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