Lettre d’Ibuka Mémoire-Justice Asbl au président du Parlement fédéral belge Siegfried Bracke

Monsieur le Président de la Chambre,

Mesdames et Messieurs les Députés, Concerne : Attirer votre attention sur un colloque à finalité négationniste Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, IBUKA Mémoire et Justice a l’honneur de s’adresser à votre haute compétence, dans le but d’attirer votre attention sur un colloque que votre institution s’apprête à accueillir, mais qui est réellement à finalité négationniste.

L’association JAMBO asbl veut organiser un colloque sur la proposition de loi visant à réprimer « la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis au Rwanda en 1994. »

Ce colloque devrait se tenir le 1er mars 2018 au Palais de la Nation, siège du Parlement fédéral belge. Nous reconnaissons, et respectons parfaitement votre droit, voire votre devoir, d’accueillir dans l’institution emblématique, pour un débat contradictoire et donc démocratique, tout citoyen ou tout groupe de personnes jugées recevables.

Nous tenons cependant à vous informer sur la véritable motivation des organisateurs du projet ci-haut mentionné. Comme vous pouvez le constater dans le document en annexe, les organisateurs de ce colloque propagent, depuis plusieurs années, des idées négationnistes, qui visent à masquer la vraie nature du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994.
Ces idées sont reprises de manière répétitive par JAMBO News sur un site web de propagande de l’association JAMBO asbl et dans ses interventions dans diverses manifestations. JAMBO asbl s’emploie à diluer le génocide perpétré contre les Tutsi dans des massacres indifférenciés, dans le but de relativiser et de justifier ce génocide.

Dans ce sens, la note conceptuelle du colloque que JAMBO asbl a préparée, omet volontairement le mot Tutsi pour ne parler que du « […] génocide commis au Rwanda en 1994 ».

Or, le projet de loi déposé par le Député fédéral Gilles Foret intitulé « Loi visant à « réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis contre les Tutsis au Rwanda en 1994 », FORET mentionne clairement le mot tutsi et l’AG des Nations Unie a été claire à ce sujet. La même note stipule que l’histoire de ce génocide n’est pas encore suffisamment établie, faisant ainsi fi de la reconnaissance juridique, par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) et par l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Il serait inimaginable de débattre, dans les locaux du Parlement fédéral belge, de la véracité du génocide perpétré contre les Tutsi, génocide que la communauté internationale, y compris la Belgique, considère comme un fait de notoriété publique.

Visiblement, la préoccupation de JAMBO asbl ne porte pas sur l’opportunité de la loi visant à réprimer « la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis au Rwanda en 1994 », sa préoccupation porte plutôt sur la légitimité de la reconnaissance de ce génocide.

IBUKA Mémoire et Justice voudrait donc attirer l’attention du Président du Parlement fédéral belge sur la nature négationniste du projet de colloque, et sur les thèses négationnistes que véhicule JAMBO asbl. Monsieur le Président, IBUKA-Mémoire et Justice soutient fortement le projet de loi qui propose qu’il y ait, en Belgique, à l’instar des autres nations, une loi réprimant la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis contre les Tutsi du Rwanda en 1994, dans un objectif de justice et de respect de la mémoire des victimes.

Le Parlement fédéral a l’obligation morale de ne pas abriter un colloque dont l’intention première est de nier le génocide perpétré contre les Tutsi. Pour IBUKA-Mémoire et Justice

Déogratias Mazina : IBUKA-Mémoire et Justice est une association sans but lucratif fondée à Bruxelles le 16 août 1994. Elle regroupe les survivants du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994, les proches des victimes, ainsi que toutes les personnes soucieuses de la mémoire des victimes et du sort des rescapés de ce génocide. Elle est reconnue comme centre labellisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre du décret du 13 mars 2009 relatif à la transmission de la mémoire des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des faits de résistance ou des mouvements ayant résisté aux régimes qui ont suscité ces crimes.

Elle a pour mission de préserver, de perpétuer et de transmettre la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994, de promouvoir la justice pour les victimes et de lutter contre l’impunité, d’assister et de soutenir les victimes survivantes, de lutter contre la banalisation, le négationnisme et le révisionnisme de tout génocide reconnu par la communauté internationale, de contribuer à la prévention de tout crime contre l’humanité, et de contribuer à la prévention de génocides par tous les moyens, notamment par l’éducation à la paix et à la résilience face à la violence.

Ibuka Mémoire-Justice Asbl

Déo Mazina – Président

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