IBUKA -Mémoire et Justice est une association sans but lucratif fondée en août 1994, regroupant les survivants du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994, les proches des victimes ainsi que toutes les personnes soucieuses de la mémoire des victimes et du sort des rescapés de ce génocide. Afin de renforcer ses activités sociales au niveau local, IBUKA-M&J a créé des antennes à Louvain-la-Neuve,à Liège,à Bruxelles et à Namur tout en contribuant à la naissance d'autres Ibuka
dans différents pays.
Perpétuer la mémoire des victimes :
L’association Ibuka dénonce le contenu de l’article “Rwanda : l’inquiétude des rescapés”.
L’association Ibuka-Belgique (1) et le Collectif Ibuka-Europe (2) que je préside ont été surpris et choqués par la lecture de l’article "Rwanda : l’inquiétude des rescapés" de "LLB" du 9 février 2011, p. 17 ainsi que sa version publiée sur le site Internet de "LLB" sous l’intitulé : "L’inquiétude des rescapés du génocide rwandais".
L’article comporte des contrevérités, des approximations et des amalgames susceptibles de porter atteinte à la crédibilité et à l’intégrité d’Ibuka-Belgique. Il est impératif de rétablir les faits sur un certain nombre d’éléments qui y sont développés.
La journaliste se sert en effet d’Ibuka pour amplifier la portée d’une lettre de 23 personnes qui interpellent le Président du Rwanda sur la question de la justice. Elles n’ont pourtant écrit nulle part qu’elles s’expriment au nom des associations Ibuka d’Europe et d’Amérique du Nord comme l’auteur le suggère. Ce choix de la journaliste est susceptible de dérouter le lecteur.
Faut-il rappeler que le fait d’interpeller les autorités politiques est un droit légitime que peut exercer tout citoyen non seulement au Rwanda mais également dans tout autre pays démocratique.
Notons que dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, il n’existe pas d’associations portant la dénomination d’Ibuka en Amérique du Nord.
Des associations sœurs existent bien évidemment mais sous d’autres appellations.
A la lecture de cet article, il apparaît clairement que le souci de précision n’a pas prévalu chez l’auteur. Si tel avait été le cas l’expression équivoque et confuse de "génocide rwandais" dans le texte publié sur Internet n’aurait pu lui échapper. Les victimes sont en effet connues : il s’agit donc du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda.
Je ne m’étalerai pas sur les détours que vous faites sur le rapport de l’Onu et sur les problèmes internes au Rwanda parce qu’ils témoignent de l’amalgame que la journaliste a entretenu autour des questions évoquées.
La suite et la fin de l’article n’est pas moins émaillée d’erreurs et de confusions dans le seul but d’étayer les prémisses de la thèse savamment construite du prétendu divorce entre le régime du FPR et les rescapés.
La journaliste soutient ainsi que les relations entre Ibuka-Belgique et l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles sont tendues dès lors qu’Ibuka a refusé d’être contrôlée par elle et que certains de ses membres sont surveillés.
Par ailleurs, alors que le Conseil d’administration d’Ibuka, soutenu par son Assemblée générale, a dénoncé 5 membres effectifs récalcitrants devant la justice belge et qu’il a été suivi par les juridictions belges, la journaliste fait croire que leurs actes étaient téléguidés par le FPR dont la motivation était de créer une Ibuka bis.
D’autant que la journaliste n’a pas consulté préalablement les représentants habilités à parler au nom de l’association (le Président de l’association en l’occurrence et/ou un membre du CA mandaté expressément pour ce faire conformément à l’Article 25 des statuts de l’ASBL IBUKA Mémoire et Justice (3), probablement parce qu’elle savait pertinemment bien qu’Ibuka-Belgique ne pouvait accepter une telle avance visant à cautionner des propos dénués de tout fondement.
En tout état de cause, la journaliste ne peut être autorisée à s’exprimer au nom et/ou à prêter des intentions à l’association que je représente sans violer son intégrité. Car une telle démarche est susceptible de miner son action et de la discréditer.
L’association n’a par ailleurs pas besoin de se mettre sous l’autorité de qui que ce soit ou d’en faire une source de conflit. Elle est guidée par sa mission première de perpétuer la mémoire des victimes tuées pour être nées Tutsi et de réclamer justice en leur nom. Un tel impératif vise également la prévention de pareil génocide pour que le "plus jamais ça" soit enfin réalité.
C’est à ce titre que le travail fourni par Ibuka-Belgique depuis sa création en août 1994 à Bruxelles lui a valu une reconnaissance auprès des institutions politiques, académiques et judiciaires aussi bien au niveau national, régional qu’international.
Albert Gakumba, Président d’Ibuka - Mémoire et Justice ASBL.
(1) ASBL Ibuka - Mémoire et Justice.
(2) Le Collectif est composé des associations Ibuka de France, Hollande, Suisse et Belgique.
(3) Article 25. Dans les actes judiciaires et extrajudiciaires (dépassant la gestion journalière), l’association est représentée par le Président ou, en son absence, par un administrateur délégué par le conseil d’administration.
Ibuka - Europe : Lettre ouverte à Monsieur Ban Ki-moon Secrétaire général des Nations unies
Position des associations Ibuka – Europe sur :
« Le projet Mapping concernant les violations les plus graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République Démocratique du Congo. », HCDH, 2010.
Monsieur le Secrétaire général,
Les associations IBUKA – Mémoire et Justice, de Belgique, de France, de Hollande et de Suisse, qui luttent pour la mémoire, la justice et la sauvegarde des intérêts des rescapés du génocide des Tutsi, perpétré au Rwanda en 1994, ont été profondément choquées par le contenu du projet de rapport cité en marge. Les associations Ibuka ont été créées suite au génocide qui a été perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994. Elles se sont donné comme objectifs la sauvegarde de la mémoire des victimes tuées pour la seule faute d’être nées Tutsi, elles mettent tout en oeuvre pour que justice leur soit rendue et exigent à cet égard indemnisation et réparation de ce qui peut encore l’être.
Toutes ces actions visent par ailleurs la prévention d’autres génocides -qui restent hélas possible- pour qu’enfin « le Plus jamais ça soit réalité ».
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