Colloque sur : L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire du Génocide des Tutsis du Rwanda

Categories: Actualités, Commémoration

L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire du Génocide des Tutsis : Etat actuel de la question, enjeux, défis et perspectives.

Avec le soutien du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles

  • Date: le 24 mars 2017
  • Lieu: Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles 72, Rue royale, 1000 BRUXELLES BELGIQUE

Accès :

  • Voiture : Parking Loi, rue de la Loi 19 (payant)
  • Metro : Parc
  • Tram : 92 ; 93
  • Train: Gare centrale

NB : Inscription gratuite, réservation non obligatoire mais recommandée : par mail (info@ibuka.be) ou par téléphones:

  • +32484325483 
  • +32497020323).

Plus de 22 ans après le génocide commis au Rwanda contre les Tutsi, l’enseignement de l’histoire de cette tragédie n’est toujours pas inscrit dans les manuels scolaires. Nombre de personnes, voire d’institutions restent encore frileuses, à l’idée de l’intégrer dans les programmes classiques d’enseignement. La raison profonde en est probablement liée aux caractéristiques génériques du génocide, aux enjeux en présence, aux sensibilités à ménager, autant que, en l’occurrence, aux démarches pédagogiques et au matériel didactique, etc.

Pourtant, l’enseignement de cette histoire, qui a marqué la fin du XXème, devrait faire l’objet d’une attention particulière, au même titre que la Guerre mondiale. Par ces temps où les nationalismes et le radicalisme commencent à monter en Europe, et ailleurs dans le monde, cet enseignement constituerait un outil d’importance, en matière d’éducation à la paix, à la citoyenneté et à la lutte contre le racisme, l’intolérance, le radicalisme et l’idéologie génocidaire. Il devrait faire partie intégrante des actions de prévention contre le génocide, contre le négationnisme et autres révisionnismes, et contribuerait à la traduction, dans les faits, du « PLUS JAMAIS ÇA ! », ce cri tout droit sorti des cendres de la Seconde Guerre mondiale.

C’est de la guerre, des massacres à grande échelle et du génocide que l’UNESCO, cette instance éthique, intellectuelle et de veille stratégique de la communauté internationale, devait se doter de l’Acte Constitutif qui consacre que la guerre prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans cet esprit des hommes que doivent être édifiées les défenses de la paix, par l’éducation, par la science et par l’information.

Voilà qui fonde en raison, et donc en droit, et en justice, l’enseignement et l’apprentissage concernant l’histoire du troisième génocide de notre temps.

L’UNESCO soutient d’ailleurs aussi l’initiative d’enseigner l’histoire des génocides, en tant que moyen de sensibiliser sur les causes, sur la dynamique et sur les conséquences de telles atrocités, en insistant, d’une part, sur le rôle, essentiel s’il en est, du renforcement de la résilience face à la violence et, d’autre part, sur la contribution à une culture de paix fondée sur le respect mutuel et sur les droits humains. Rappelons que l’UNESCO a pour vocation de « coordonner la coopération internationale en éducation, sciences, culture et communication ».

Le présent colloque se propose donc d’ouvrir un espace de réflexion sur l’enseignement et sur l’apprentissage de l‘histoire des génocides en général, et sur celui qui a été commis contre les Tutsi en particulier. Alors que les connaissances scientifiquement élaborées  se sont accumulées au fil des années, leur intégration dans les programmes officiels d’enseignement laisse encore à désirer, que ce soit au Rwanda, en Belgique, ou ailleurs dans le monde.

Le colloque offrira aussi l’occasion de s’interroger sur la place qu’occuperait l’enseignement de l’histoire de ce genre de crimes dans la société civile belge en général, et dans le domaine de l’éducation à la citoyenneté tout singulièrement, en tenant compte des dimensions sociales, politiques, juridiques, historiographiques, etc.

A travers les présentations des experts, les échanges avec les acteurs de terrain, au premier chef desquels les enseignants et les étudiants, ainsi que par le biais du débat avec les participants, l’ASBL IBUKA Mémoire et Justice se propose d’identifier les outils et les stratégies nécessaires, en vue de dégager les pistes susceptibles d’aborder adéquatement l’enseignement des génocides et d’autres crimes de masse.

Ces pistes seront présentées sous forme de recommandations et, si possible, elles conduiront à la confection d’un outil pédagogique à mettre à la disposition des enseignants et des apprenants.

Le colloque permettra également de faire un retour réflexif sur les recherches nécessaires, pour répondre correctement aux questionnements que soulève l’enseignement des crimes d’une extrême violence.

Le public visé est principalement constitué d’enseignants et d’élèves des écoles secondaires, techniques et professionnelles, des chercheurs, des pouvoirs organisateurs de l’enseignement public et libre, ainsi que des responsables politiques, qui sont appelés à organiser l’enseignement en général.

Programme de la journée

09h00 : Accueil

09h30 : Mot de bienvenue et d’introduction : Déogratias MAZINA – Président d’IBUKA Mémoire et Justice-Belgique

09h40: Ouverture du Colloque:

Christiane Vienne : Députée et cheffe de groupe des Socialistes au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB);

Session I : L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi : Etat des lieux, enjeux, et fondements scientifiques

  • Modérateur: Me André Martin Karongozi., Avocat au barreau de Bruxelles et au barreau de Kigali ; Ancien Président d’IBUKA Mémoire et Justice.

10H00 : Enseigner et apprendre l’histoire du génocide des Tutsi du Rwanda. Un outil d’éducation à la paix, à la citoyenneté et au respect des droits humains. Pierre Galand : Président de la Fédération Humaniste Européenne (FHE).

10h20 : L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire du génocide des Tutsi au Rwanda: Etat actuel de la question, défis et perspectives ? Pr Jean Pierre Dusingizemungu : Docteur en sciences psychologiques et de l’éducation, Vice-recteur de l’Université de Kibungo ; Président d’IBUKA Rwanda.

10h50 : Enseigner, éduquer et sensibiliser sur l’histoire des génocides. Qu’en dit le Décret Mémoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Philippe Plumet, Historien, chargé de mission à la Cellule Démocratie ou Barbarie de la Fédération Wallonie Bruxelles.

11h10 : Enseigner et apprendre l’histoire du génocide des Tutsi : Témoignage des élèves et des enseignants de l’école professionnelle Edmond Peeters (Commune d’Ixelles). Enseignants: Edith Mukayirere; Daphné Couloubaritsis; Pierre Jean Vranken; Rachid Messagier;

11h30 : Pause-café

11h50 : L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire du génocide des Tutsi, un outil pour lutter contre le négationnisme et l’idéologie génocidaire. Dr Jean Damascène Bizimana: Docteur en droit international ; Secrétaire Exécutif de la Commission National de Lutte contre le Génocide (CNLG).

12h20 : Enseigner l’histoire de génocides et de violence collective : enjeux, outils et méthodes. Marjan Verplancke. Responsable pédagogique à la Kazerne Dossin, Mémorial, Musée et Centre de Documentation sur l’Holocauste et les Droits de l’homme (Malines).

12h40 : Débats

13h00 : Pause-déjeuner

Session II : Enseigner et apprendre l’histoire du génocide des Tutsi : Outils, stratégies et méthodes ; Apprendre de l’expérience des autres communautés

  • Président: Pr Jean Philippe SCHREIBER – Historien, professeur à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) ;
  • Modérateur: Ernest Sagaga, Fédération internationale des journalistes

14h00 : « Quelles possibilités d’introduire le génocide des Tutsi dans les programmes d’histoire en Belgique ? » Pr Anne Morelli : Historienne, Professeure à l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

14h30 : L’enseignement de l’histoire du génocide des Tutsi du Rwanda : bilan des recherches et pistes pour les actions. Dr Virginie Brinker : Docteur en littérature française et francophone et en littérature comparée ; Maitre de Conférences à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté.

15h00 : Elucider la problématique de la qualification du génocide des Tutsi. Génocide rwandais ou génocide anti-tutsi ? Dr Jean Mukimbiri, Docteur en Philosophie et Lettres, auteur d’une thèse et de plusieurs articles scientifiques sur le génocide des Tutsi ;

15h20 : L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire d’un génocide. L’expérience des Arméniens. Me Michel Mahmourian : Avocat au barreau de Bruxelles, ancien président du Comité des Arméniens de Belgique.

15h35 : L’enseignement et l’apprentissage, en Belgique, de l’histoire du génocide anti-tutsi, à l’instar du génocide des juifs. Jonathan De lathouwer: Vice-président de la CCOIJB.

15h50 : Principes, stratégies et ressources pour enseigner l’histoire de la shoah et celle du génocide des Tutsi aux étudiants de l’enseignement secondaire et supérieur. Florence Caulier: Animatrice socio-culturelle : Centre d’Education à la Citoyenneté « La haine, je dis NON! » du Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind

16h10 : Pause-café

16h30 : Débats

16h50 : Synthèse, conclusion et recommandations :

 Eric Didier Rutayisire, ancien Président de l’association IBUKA Mémoire et Justice.

17h00 : Clôture

 

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